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gervaisBANGUI, 16 novembre 2023 - La revitalisation de l’agriculture est indispensable pour stimuler la croissance et juguler une pauvreté généralisée en République centrafricaine (RCA), selon le tout premier rapport d’évaluation de la pauvreté réalisé par la Banque mondiale pour le pays.

Alors que 70 % de la population en âge de travailler dépend de l’agriculture, le renforcement de ce secteur apparaît comme le moyen le plus direct d’améliorer les moyens de subsistance et de nourrir la population, indique le rapport publié aujourd’hui.

En proie à des décennies de conflit, d’instabilité politique et de faible croissance, la RCA affiche l’un des taux de pauvreté les plus élevés au monde : près de sept personnes sur dix se trouvent en situation d’extrême pauvreté — 65,7 % des Centrafricains vivent avec moins de 2,15 dollars par jour — et plus de la moitié n’ont pas les moyens de se nourrir suffisamment, même en consacrant l’intégralité de leurs dépenses de consommation à l’alimentation.

Au sein d’une population qui compte plus de six millions d’habitants, beaucoup souffrent de privations non monétaires extrêmes : près de neuf personnes sur dix n’ont pas accès à l’électricité, le taux de scolarisation dans le secondaire n’est que de 16 % et 2,5 % seulement des routes sont asphaltées.

« On ne saurait trop insister sur l’urgence de stimuler la croissance économique en République centrafricaine et de sortir la population de la pauvreté. Revitaliser l’agriculture et plus largement mettre en place des filets de protection sociale pour les plus vulnérables, développer le capital humain et favoriser le développement du secteur privé seront essentiels », commente Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le rapport fournit un ensemble de nouvelles données pour aider à mieux cibler les politiques et programmes sociaux et de développement de manière à atteindre les habitants les plus vulnérables. Il propose une feuille de route pour lutter contre la pauvreté qui met l’accent sur le renforcement de l’agriculture en tant que priorité majeure pour générer de la croissance économique et réduire l’insécurité alimentaire dans le pays. L’agriculture pluviale y étant prédominante, le manioc, le maïs, le riz, le sorgho et le millet constituant les principales cultures vivrières, le rapport note que ces activités peuvent s’avérer vulnérables aux chocs climatiques.

La productivité agricole est faible faute d’accès aux intrants essentiels (engrais, irrigation et équipements) et aux marchés (manque de routes asphaltées et commerce limité). D’où l’importance d’investir dans les infrastructures pour accroître l’accès des agriculteurs aux marchés et améliorer ainsi la productivité agricole et les moyens de subsistance.

Le rapport met en avant une série de mesures urgentes et de long terme pour stimuler et maintenir une croissance favorable pour sortir la population centrafricaine de la pauvreté. Il s’agit de renforcer : 

  • Les filets de protection sociale : les filets sociaux jouent un rôle essentiel pour répondre aux besoins immédiats des habitants confrontés aux formes les plus extrêmes de privation et pour les protéger contre les chocs. Actuellement, 1 % seulement des Centrafricains vivent dans un ménage recevant des transferts monétaires de l’État, et 14,3 % dans un ménage recevant une aide alimentaire en nature. Les ménages adoptent par conséquent des stratégies de survie consistant notamment à réduire leur consommation de nourriture, avec le risque d’affaiblir les investissements dans le capital physique et humain.
  • Le capital humain : les politiques visant à renforcer le capital humain, en investissant dans l’éducation et la santé, mais aussi dans l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, peuvent permettre d’amorcer une réduction durable de la pauvreté. Le développement du capital humain et des infrastructures de base pourrait réduire la pauvreté monétaire. Or, un grand nombre d'habitants vivent à une distance bien trop éloignée des écoles, avec une situation particulièrement critique dans les zones reculées et rurales et en ce qui concerne les établissements secondaires ; cet éloignement est corrélé à un taux de scolarisation plus faible et à une pauvreté plus élevée.
  • Les infrastructures et le commerce : un habitant sur dix environ vit à plus d’une heure de marche d’une route primaire, secondaire ou tertiaire. La modernisation des infrastructures, en particulier les réseaux électrique et routier, et les réformes macroéconomiques visant à stimuler le commerce et l’investissement privé peuvent contribuer à poser les fondements nécessaires à une réduction de la pauvreté.
  • La paix et la sécurité : la promotion de la paix et de la sécurité est également essentielle, et toutes les politiques de lutte contre la pauvreté doivent être conçues en tenant compte d’un contexte national marqué par des déplacements de population et une situation de conflit.

« Poursuivre la dynamique engagée sur la collecte de données pourrait aider à concevoir, mettre en œuvre, suivre et évaluer les politiques nécessaires pour améliorer la qualité de vie de la population centrafricaine », souligne Luis Felipe López-Calva, directeur du pôle Pauvreté et équité de la Banque mondiale.

Le rapport s’appuie sur une collecte sans précédent de microdonnées pour proposer des stratégies réalistes visant à sortir les Centrafricains de la pauvreté. Il repose principalement sur l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM), dont les résultats permettent d’évaluer le niveau de pauvreté en RCA pour la première fois depuis plus d’une décennie. L’EHCVM, menée en collaboration avec l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales (ICAEES) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a recueilli des données sur un large éventail d’indicateurs socio-économiques, y compris auprès de la population déplacée à l’intérieur du pays. 

 

Source Banque Mondiale

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pauvrete BMCe rapport, la toute première évaluation de la pauvreté en République centrafricaine (RCA), s’appuie sur des microdonnées pour proposer des stratégies réalistes visant à sortir les Centrafricains de la pauvreté. La République centrafricaine doit impérativement se doter de politiques de réduction de la pauvreté pour faire face aux nombreux obstacles au développement — notamment la persistance d’une faible croissance, les conflits et les déplacements de population, ainsi que les menaces croissantes posées par le changement climatique. Conçu pour éclairer ces politiques, ce rapport s’inspire principalement de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) de 2021, la première enquête sur les ménages en mesure d’évaluer le niveau de pauvreté en RCA depuis plus d’une décennie. Il présente lesprincipales statistiques sur la pauvreté et les inégalités en RCA, en utilisant la stratégie d’échantillonnage unique de l’EHCVM afin de tenir compte des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). L’analyse va au‑delà des seules considérations de la pauvreté monétaire, elle évalue l’étendue des privations non monétaires en RCA, examine les contraintes sur le développement du capital humain, etenvisage le rôle que les moyens de subsistance — en particulier dans l’agriculture — peuvent jouer pour sortir les populations de la pauvreté. Grâce à des données géospatiales, les résultats sont également associés à des indicateurs d’accès physique aux écoles et aux Structures Centres des soins, ainsi qu’à des éléments clés de l’infrastructure de base. Ce résumé analytique met en lumière les principales conclusions de l’évaluation de la pauvreté et décrit les politiques qui permettront à la République centrafricaine de s’engager sur la voie de la réduction de la pauvreté.

 

Source Banque mondiale 

 Télécharger le rapport ici : Rapport final d’Évaluation de la pauvreté en république centrafricaine 2023

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LES POINTS MARQUANTS

  • La République centrafricaine (RCA) a le cinquième taux de pauvreté le plus élevé du monde avec près de 70 % de la population vivant dans l’extrême pauvreté.
  • La toute première évaluation de la pauvreté réalisée par la Banque mondiale en RCA met en évidence des conditions de vie marquées par des privations extrêmes — 90 % des Centrafricains vivent sans électricité.
  • Le rapport appelle à une action urgente pour renforcer l’agriculture, le capital humain et les infrastructures, trois priorités pour sauver des vies et sortir la population centrafricaine de la pauvreté.

BANGUI, 16 novembre 2023 – La Banque mondiale a publié aujourd’hui son tout premier rapport d’évaluation de la pauvreté pour la République centrafricaine (RCA).

Voici ce qu’il faut en retenir :

1. L’extrême pauvreté est généralisée en RCA

La RCA a l’un des taux de pauvreté les plus élevés au monde : près de sept personnes sur dix vivent sous le seuil international d'extrême pauvreté fixé à 2,15 dollars par jour. Plus de la moitié de la population vit également sous le seuil de pauvreté alimentaire, ce qui signifie qu’elle n’a pas les moyens de se nourrir suffisamment, même en consacrant l’intégralité du budget du ménage à l’alimentation.

Un grand nombre des 6,1 millions d’habitants que compte le pays souffrent aussi de privations non monétaires extrêmes : près de neuf personnes sur dix n’ont pas accès à l’électricité, le taux de scolarisation dans le secondaire n’est que de 16 % et 2,5 % seulement des routes sont asphaltées.

Taux de pauvreté (au seuil de 2,15 dollars par jour) en RCA et dans les pays de comparaison

Évaluation de la pauvreté en République centrafricaine 2023

2. Un pays en déclin économique

Depuis son accession à l’indépendance en 1960, la RCA a été en proie aux conflits, à l’instabilité politique et aux déplacements de population. En déclin, le produit intérieur brut (PIB) par habitant est aujourd’hui inférieur à ce qu’il était dans les années 1960.

PIB réel par habitant de la RCA (de 1960 à nos jours)

Évaluation de la pauvreté en République centrafricaine 2023
Source : Indicateurs du développement dans le monde (WDI) et estimations de la Banque mondiale.

3. Revitaliser l'agriculture et les infrastructures

Le rapport établit une feuille de route pour la réduction de la pauvreté en RCA. Alors que 70 % de la population en âge de travailler dépend de l’agriculture, le renforcement de ce secteur apparaît comme le moyen le plus direct d’améliorer les moyens de subsistance et de nourrir la population. L’agriculture pluviale y est prédominante, le manioc, le maïs, le riz, le sorgho et le millet constituant les principales cultures vivrières, et ces activités peuvent s’avérer vulnérables aux chocs climatiques.

Or, la productivité agricole est faible faute d’accès aux intrants essentiels (engrais, irrigation, équipements...) et aux marchés (manque de routes asphaltées et commerce limité). Alors qu’un habitant sur dix environ vit à plus d’une heure de marche d’une route primaire, secondaire ou tertiaire, il est essentiel d’investir dans les infrastructures pour accroître l’accès des agriculteurs aux marchés et améliorer ainsi la productivité agricole et les moyens de subsistance.

Difficultés rencontrées par les ménages pour vendre leurs produits agricoles

Évaluation de la pauvreté en République centrafricaine 2023

 

 

4. Développer le capital humain

Un grand nombre d’enfants vivent à une distance trop éloignée des écoles. Selon le rapport, la moitié des enfants en âge d‘aller à l‘école primaire vivent à plus de 30 minutes de marche de l‘établissement le plus proche et 30 % à plus d‘une heure. La situation est encore plus grave en ce qui concerne le secondaire : 64 % des enfants en âge de fréquenter l‘école secondaire vivent à plus de 30 minutes de marche de l‘établissement le plus proche et environ 55 % à plus d‘une heure. De nombreux Centrafricains vivent également trop loin des établissements de santé pour pouvoir y accéder.

L’accès aux services essentiels, tels que l’éducation, la santé et l’eau, est indispensable pour renforcer le potentiel productif des jeunes Centrafricains et peut permettre d’amorcer une réduction durable de la pauvreté.

Indicateurs de pauvreté non monétaire

Évaluation de la pauvreté en République centrafricaine 2023

5. Protection sociale

Les politiques visant à renforcer le capital humain et à améliorer les moyens de subsistance prennent du temps avant de produire leurs effets sur la réduction de la pauvreté. Elles doivent s’accompagner de mesures plus directes, comme la mise en place de filets de protection sociale, qui permettent de garantir que les ménages puissent satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Il est crucial d’étendre la protection sociale, les programmes actuels étant bien trop insuffisants pour répondre aux besoins des plus vulnérables. En 2021, 1 % seulement des Centrafricains vivaient dans un ménage recevant des transferts monétaires de l’État, moins de 10 % dans un ménage bénéficiant de soins pour les nourrissons et les femmes enceintes, et 14 % dans un ménage recevant une aide alimentaire en nature. Les ménages adoptent par conséquent des stratégies de survie pour faire face aux chocs, qui consistent notamment à réduire leur consommation de nourriture, avec le risque d’affaiblir les investissements dans le capital physique et humain.

Compte tenu des contraintes budgétaires, il est essentiel de définir des priorités et de mieux cibler les filets sociaux afin d’atteindre ceux qui en ont le plus besoin. La promotion de la paix et de la sécurité est également essentielle, et toutes les politiques de réduction de la pauvreté doivent tenir compte d’un contexte marqué par des déplacements de population et une situation de conflit.

Chocs subis par les ménages pauvres et non pauvres en RCA

Évaluation de la pauvreté en République centrafricaine 2023

Le rapport s’appuie sur des microdonnées sans précédent pour proposer des stratégies réalistes visant à sortir les Centrafricains de la pauvreté. Il repose principalement sur l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM), dont les résultats permettent d’évaluer le niveau de pauvreté en RCA pour la première fois depuis plus d’une décennie. L’utilisation des données pour suivre les progrès accomplis sur le front de la réduction de la pauvreté et de l’amélioration des conditions de vie peut offrir aux décideurs politiques des indications plus concrètes et plus précises, tout en les obligeant à rendre des comptes et en permettant de renforcer la transparence et de favoriser la bonne gestion des affaires publiques.

 

Source : Banque Mondiale 

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rp sensib2Le gouvernement centrafricain conformément au décret n°22.077 du 23 mars 2023, se propose de réaliser le quatrième Recensement Général de Population et de l’Habitation (RGPH-4) après ceux de 1975, 1988, et 2003.

Cette opération d’envergure nationale va permettre au pays de disposer des données sociodémographiques, économiques et culturelles actualisées sur la population centrafricaine. Elle va également permettre de fournir des indicateurs fiables et pertinents pour le suivi et  l’évaluation de la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable (ODD) à travers l’agenda 2030 auquel le pays a souscrit du Plan National de Relèvement et Consolidation de la paix(RCPCA) sur  la période 2021-2023 et d’autres programmes sectoriels

L’ICASEES organe d’exécution du RGPH-4 a noté que l’obtention des données  du recensement dépend en grande partie de la participation et l’adhésion massive  de la population et le soutien des leaders communautaires, religieux, d’opinion et de la société civile.

Après la cartographie censitaire numérique, il est question de mettre en place des missions d’information/sensibilisation et de mise en place des structures préfectorales en vue de sillonner certaines zones identifiées pour le recensement pilote phase qui permet de tester toute les méthodologies proposées pour l’exécution du dénombrement proprement dit en 2023.

Ainsi l’ICASEES a déployé plusieurs missions sur le territoire pour organiser les missions d’informations et de sensibilisations pour expliquer les objectifs du recensement pilote en suite mettre en place les structures préfectorales du RGPH-4

Cinq missions étaient  réparties  dans les localités retenues notamment :

  • Région de Bas Oubangui (tous les arrondissements de Bangui et la commune de Bimbo)
  • Région de Kaga (Kaga Bandoro, Sibut, Bambari)
  • Région de Yadé ( Batangafo, Paoua, Bozoum)
  • Région d’Equateur (Carnot, Berberati, Nola, Bouar)
  • Région de Plateaux (Boali, M’Baiki)

Du 03 au 11 juillet 2023 ces missions se sont vendues dans leur zone de juridiction pour mettre en pratique les termes de référence de toutes ces missions en attendant les autres phases du RGPH-4.

 

Rédaction : Unité de Communication et Plaidoyer (UCP)

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