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L'Institut Centrafricain des Statistiques, des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES), en collaboration avec la Banque Mondiale, a lancé une série d'enquêtes pour étudier et suivre l'impact de la COVID-19 auprès des ménages centrafricains. Cette enquête est réalisée du 23 juin au 1er juillet 2020 par téléphone auprès d'un échantillon de 600 ménages représentatifs de la population de Bangui, Bimbo et Bégoua. L'échantillon permet de décliner les résultats statistiquement significatifs au niveau de l'ensemble de ces trois zones (Bangui, Bimbo et Bégoua).
Les principaux thèmes abordés par la première phase de l'enquête portent sur : les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ; le niveau de connaissances et compréhension de la COVID-19 ; l'emploi ; la santé, l'éducation et la sécurité alimentaire ; l'aide et les chocs.
Les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
Les résultats de l'enquête montrent que les hommes sont majoritairement (78,2%) chefs de ménages et parmi eux, 51,7% appartiennent à la tranche d'âge « 20 - 34 » ans. La taille des ménages est composée en moyenne de 6 à 7 personnes, ce qui représente 27,8%. Près de la moitié des personnes enquêtées (49,2%) vivent en union libre ou sont célibataires (37,3%) ; cependant 44,3% des répondants de ménages ont atteint le niveau d'étude secondaire.
Le niveau de connaissances et compréhension de la COVID-19
Suite à l'intensification des campagnes de sensibilisation et de médiatisation faites dans le pays, les chefs de ménages ont déclaré à l'unanimité (99,8%) avoir entendu parler de la COVID-19 à travers les trois principaux canaux que sont : la radio (99,2%), suivie des panneaux/affiches (97,5%) et de la télévision (73,3%). Ces connaissances leurs ont permis de changer d'attitude et de comportement à l'égard de la pandémie et des personnes testées positives.
Certes, la population est consciente des mesures prises par le gouvernement pour réduire le risque d'être contaminé à la COVID-19 ; toutefois dans leurs comportements quotidiens, les chefs de ménages déclarent « se laver régulièrement les mains avec le savon » (97,7%), « aucune poignée des mains » (75,3%), « utiliser les masques/gants » (67,3%) ou « utiliser du désinfectant » (69,3%) et ils accordent moins d'importance aux autres mesures telles que « maintenir la distance sociale » ou « tousser dans le creux du coude ». En plus de cela, 93,4% des répondants avouent avoir se laver les mains plus souvent durant semaine que précède l'enquête.
La plupart des chefs de ménages (93,2%) sont satisfaits des mesures prises par le gouvernement à travers le Ministère de la Santé et de la Population pour limiter le risque de propagation à la COVID-19 et protéger la population. Toutefois, une faible proportion (6,8%) n'est pas d'accord et estime que le gouvernement devrait porter assistance financièrement (24,4%) ou en nature (non financièrement) (19,5%) aux malades.
En définitive, 84,0% des chefs de ménages ont déclaré que le gouvernement est sincère dans la description des faits sur le coronavirus qu'il communique à la population.
L'emploi
Dans l'ensemble, la majorité des personnes interrogées (77,7%) ont déclaré avoir travaillé au cours des trois derniers mois (mars 2020), date de la survenance de la COVID-19 en RCA. Depuis mars 2020, 37,27% ont déclaré qu'ils ont arrêté de travailler. Parmi ceux-ci, 7 personnes enquêtées sur 10 (71,3%) ne perçoivent pas de salaires. 17,2% sont payés à temps partiel et seulement 11,5% sont rémunérés au taux normal.
La plupart des chefs de ménage enquêtés exercent dans les secteurs du commerce (36,4%), du transport (8,5%), de l'Administration publique (7,9%), ou de la construction (5,8%).
La santé
En ce qui concerne l'accès aux soins de santé, 73% des chefs de ménages interrogés ont déclaré qu'aucun membre de leur famille n'a bénéficié d'un traitement médical. Ils ont évoqué comme raison le manque de moyens financiers, soit 97,9% ont-ils affirmé.
L'éducation et la sécurité alimentaire
Plus deux tiers (plus de 70%) de l'ensemble des ménages quel que soit la ville ont un niveau de score de consommation alimentaire acceptable. Par ailleurs, les ménages qui ont un faible score de consommation alimentaire sont beaucoup plus visibles à Bimbo (5,30%) que ceux de Bangui (1,20%).
L'aide et les chocs
Les chefs de ménages interrogés ont affirmé que les chocs qui les ont rendus vulnérables sont l'augmentation des prix des denrées alimentaires (82,7%), la faillite des entreprises familiales (18%) ou la perte de leur emploi (15,5%).
Pour faire face à ces différents chocs, les ménages sont obligés de réduire la part du revenu consacrée à la consommation alimentaire de 37,3%, des dépenses non-essentielles (19%), ou encore de vendre une partie de leurs actifs non-agricoles (16,6%) ou de s'endetter auprès d'un tiers (16,9%). L'étude révèle aussi que 94,2% des ménages n'ont pas reçu de l'aide.
En termes de recommandations, les principales à l'endroit du gouvernement sont :
Ø Informer et adapter les plans d'action aux conséquences de cette pandémie dès qu'elles sont mieux connues ;
Ø Anticiper les effets du COVID-19 déjà sur la santé de la population et en plus sur l'économie ;
Ø Garantir la sécurité alimentaire en soutenant les exploitant agricoles ;
Ø Accompagner financièrement les ménages dont au moins un membre a perdu son emploi et qui ne perçoivent de salaire/indemnité ;
Ø Apporter des aides aux plus vulnérables au Covid-19 surtout pour les personnes âgées ;
Ø Mettre en place un mécanisme de contrôle des prix des denrées alimentaires ;
Ø Soutenir les entreprises en faillite par un mécanisme de transfert monétaire ou d'acquisition des crédits.