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ICASEES : Lancement de l’atelier de formation sur les outils de collecte de la monographie de l’enquête sur le commerce transfrontalier informel (ECTI)

ICASEES : Lancement de l’atelier de formation sur les outils de collecte de la monographie de l’enquête sur le commerce transfrontalier informel (ECTI)

Bangui, 10 juin 2026 – Salle de conférence de l’ICASEES

L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES) a procédé, ce mercredi 10 juin 2026 à Bangui, au lancement officiel de l’atelier de formation sur les outils de collecte de la Monographie de l’Enquête sur le Commerce Transfrontalier Informel (ECTI), organisé dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA SOP 2), avec l’appui de la Banque mondiale et des partenaires techniques régionaux.

La cérémonie d’ouverture des travaux, qui se déroulent du 10 au 12 juin 2026 dans la salle de conférence de l’ICASEES, a été présidée par Monsieur Christian NDJEKOU, Directeur des Etudes, des Méthodes, des Normes et de la Recherche (DEMNER), représentant le Directeur Général de l’ICASEES empêché pour des raisons administratives. Il était assisté de Monsieur Mathurin MAKANDA, Chef de Service du Commerce Extérieur et des Infrastructures et Point Focal CETI.

Cet atelier réunit des cadres de l’ICASEES, des représentants de la Direction Générale des Douanes, du Ministère du Commerce ainsi que les membres du Groupe de Travail Technique mobilisés autour de cette importante opération statistique régionale.

UNE INITIATIVE STRATEGIQUE PORTEE PAR LA BANQUE MONDIALE ET LE PROJET HISWACA SOP 2

La tenue de cet atelier s’inscrit dans la dynamique du projet HISWACA SOP 2, programme régional soutenu par la Banque mondiale visant à renforcer durablement les systèmes statistiques nationaux en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

A travers ce projet structurant, la Banque mondiale accompagne les Etats membres dans l’harmonisation des méthodologies statistiques, l’amélioration de la qualité des données et le développement d’outils modernes d’aide à la décision publique. En République centrafricaine, l’ICASEES figure parmi les principales institutions bénéficiaires de ce vaste programme régional de transformation statistique.

Depuis plusieurs années, la Banque mondiale appuie activement l’ICASEES dans la modernisation du système statistique national, notamment à travers :
• le renforcement des capacités techniques ;
• la digitalisation des opérations statistiques ;
• l’amélioration des infrastructures de production des données ;
• le développement des statistiques économiques et sociales ;
• les grandes opérations nationales telles que le RGPH-4 ;
• ainsi que les enquêtes stratégiques nécessaires au pilotage des politiques publiques.

Le projet HISWACA SOP 2 constitue aujourd’hui l’un des piliers majeurs de cette coopération entre la République centrafricaine, la Banque mondiale et les institutions régionales de statistique.

LE COMMERCE TRANSFRONTALIER INFORMEL

Dans son exposé introductif, M. Christian NDJEKOU a rappelé que le petit commerce transfrontalier représente une activité économique essentielle pour des milliers de ménages en République centrafricaine et dans l’espace CEMAC.

Les échanges informels de marchandises concernent particulièrement les corridors commerciaux reliant la République centrafricaine au Cameroun, au Tchad, à la République démocratique du Congo, à la République du Congo et au Soudan.

Cependant, une grande partie de ces flux échappe encore aux systèmes classiques d’enregistrement statistique et fiscal. Beaucoup d’acteurs économiques exercent leurs activités en dehors des circuits officiels et utilisent des points de passage non contrôlés.

Cette situation constitue un défi majeur pour les Etats et les organisations d’intégration régionale, notamment la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), engagée dans la promotion de la libre circulation des biens, des services et des personnes.

L’absence de données fiables sur ces flux commerciaux informels limite considérablement :
• la mesure réelle des échanges régionaux ;
• l’évaluation des politiques économiques ;
• le suivi de l’intégration sous-régionale ;
• ainsi que l’appréciation des effets de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).

C’est dans cette perspective que la CEMAC, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, a initié la mise en place d’un dispositif harmonisé d’estimation des échanges commerciaux informels dans la sous-région.

L’Enquête sur le Commerce Transfrontalier Informel (ECTI) s’inscrit dans un vaste processus régional déjà expérimenté dans plusieurs pays africains.

Les experts ont rappelé que :
• le Cameroun fut le premier pays pilote dès 2008 avec des enquêtes bimensuelles ;
• plusieurs pays ont ensuite rejoint le dispositif ;
• la République centrafricaine entre aujourd’hui dans une phase déterminante de structuration de son propre système de suivi des échanges informels.

L’ECTI se déploiera progressivement autour de trois grandes étapes :

  1. la monographie ;
  2. l’enquête de référence ;
  3. l’enquête de suivi.

La phase actuelle de monographie vise principalement à :
• cartographier les points de passage frontaliers ;
• identifier les circuits commerciaux informels ;
• analyser les caractéristiques géographiques et logistiques des postes frontaliers ;
• caractériser les marchandises échangées ;
• identifier les profils des commerçants, transporteurs et autres acteurs impliqués.

Selon les experts, les résultats attendus permettront notamment :
• d’évaluer le poids réel du commerce informel ;
• de comparer les flux informels et formels ;
• de mieux orienter les politiques économiques et commerciales ;
• de renforcer les statistiques du commerce extérieur ;
• et de soutenir les mécanismes d’intégration régionale.

UN ATELIER TECHNIQUE POUR ADAPTER LES OUTILS AUX REALITES CENTRAFRICAINES

Durant trois jours, les participants examineront minutieusement les différents supports méthodologiques élaborés au niveau régional.

Les travaux porteront notamment sur :
• les questionnaires de collecte ;
• les variables statistiques ;
• les modalités d’enquête ;
• les manuels techniques ;
• ainsi que les documents méthodologiques.

L’objectif est de contextualiser ces outils afin qu’ils reflètent fidèlement les réalités observées aux frontières centrafricaines.

Les participants auront ainsi la possibilité :
• d’insérer de nouvelles variables ;
• d’ajuster certaines modalités ;
• de supprimer des éléments inadaptés ;
• ou encore de proposer des améliorations techniques avant validation finale.

Les observations pertinentes formulées par les équipes nationales seront ensuite transmises aux experts régionaux de la CEMAC et du CAPY pour examen et validation définitive.

L’atelier a également permis de présenter le dispositif institutionnel de l’ECTI articulé autour :
• d’une équipe sous-régionale d’experts ;
• d’un Groupe de Travail Technique national ;
• et des équipes de collecte déployées sur le terrain.

La stratégie de mise en œuvre prévoit également :
• des campagnes de sensibilisation auprès des usagers ;
• l’implication des administrations locales ;
• la collaboration avec les groupements de commerçants et syndicats ;
• ainsi que la mobilisation des moyens logistiques et financiers nécessaires à la collecte des données.

L’Enquête sur le Commerce Transfrontalier Informel contribuera à améliorer la connaissance des dynamiques économiques régionales et à fournir aux pouvoirs publics des données stratégiques indispensables à la formulation des politiques de développement.

Au-delà de la dimension statistique, cette opération marque également une avancée importante dans le processus d’intégration économique sous-régionale et dans la consolidation des mécanismes de coopération entre les pays membres de la CEMAC.

Par GODOM Appolinaire
PFP ODP/WB – ICASEES


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