Bangui, 21 mai 2026 – Visioconférence Microsoft Teams (15h00 – 16h30)
Dans le cadre du processus de modernisation du Système Statistique National (SSN) et de l’amélioration continue de la diffusion des statistiques officielles en République Centrafricaine, l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales (ICASEES) a pris part ce jeudi 21 mai 2026 à un important webinaire organisé conjointement par la Banque Africaine de Développement (BAD) et Open Data Watch (ODW) autour des principes des données ouvertes, des licences de diffusion et de la méthodologie d’évaluation de l’Open Data Inventory (ODIN).
Cette rencontre virtuelle, organisée via Microsoft Teams, a réuni plus de quarante-trois (43) participants issus de plusieurs pays africains, notamment les Points Focaux Open Data Platform (ODP) des trente-neuf (39) pays partenaires engagés dans le processus d’amélioration des systèmes nationaux de diffusion des données statistiques.
La République Centrafricaine, à travers l’ICASEES, n’a pas manqué à ce rendez-vous stratégique qui s’inscrit pleinement dans la dynamique actuelle de transformation numérique, de gouvernance des données et de promotion de l’accès libre aux statistiques publiques.
Il convient de rappeler que depuis plusieurs années, l’ICASEES s’est engagé dans un vaste chantier de modernisation des plateformes numériques statistiques, notamment à travers :
- le portail institutionnel ;
- la plateforme Open Data ;
- la plateforme NADA dédiée à l’archivage des enquêtes ;
- les systèmes IMIS et REDATAM ;
- ainsi que le renforcement progressif des mécanismes de diffusion des données conformément aux standards internationaux.
Cette dynamique est soutenue par plusieurs partenaires techniques et financiers, particulièrement la Banque mondiale à travers le projet HISWACA SOP-2, mais également par les initiatives régionales pilotées par la BAD et Open Data Watch.
Au cours du webinaire, plusieurs thématiques stratégiques ont été abordées portant notamment sur :
- les meilleures pratiques en matière de licences de données ouvertes ;
- les principes internationaux d’accessibilité et de réutilisation des données ;
- les mécanismes d’évaluation de l’ODIN ;
- les contraintes juridiques liées à la diffusion des données ;
- les expériences des pays africains en matière d’ouverture statistique ;
- les défis techniques et institutionnels liés aux plateformes Open Data.
Les Experts d’Open Data Watch ont présenté un modèle moderne de licence en deux volets comprenant :
- les conditions générales d’utilisation du site web ;
- et une licence spécifique dédiée aux données ouvertes.
Selon les présentateurs, cette approche permet aux Instituts Nationaux de Statistique (INS) de protéger les contenus institutionnels tout en garantissant l’ouverture et la libre réutilisation des données statistiques à des fins commerciales et non commerciales, sous réserve de citation correcte de la source.
Les communicateurs ont également insisté sur plusieurs erreurs fréquemment observées dans les pays :
- absence de licence clairement visible ;
- incohérence entre les métadonnées et les licences ;
- liens cassés ;
- licences applicables uniquement au portail principal ;
- ou encore absence d’harmonisation entre les différentes plateformes statistiques.
Concernant la méthodologie ODIN, les Experts ont rappelé que l’évaluation repose principalement sur deux dimensions majeures :
- la couverture des données ;
- et le niveau d’ouverture des plateformes statistiques.
L’évaluation tient notamment compte :
- de la disponibilité des indicateurs ;
- des séries chronologiques ;
- des désagrégations ;
- des formats ouverts (CSV, XLSX, JSON) ;
- de la présence des métadonnées ;
- des options de téléchargement ;
- ainsi que des mécanismes de licences.
Prenant la parole au nom de la République Centrafricaine, le Point Focal ODP et Webmaster de l’ICASEES, M. Appolinaire GODOM OUALOU, a soulevé une préoccupation technique particulièrement importante concernant la plateforme NADA de l’ICASEES.
Sa question portait notamment sur la nécessité pour la plateforme NADA de disposer également :
- d’une licence spécifique ;
- ou d’une politique formalisée d’accès, d’utilisation et de diffusion des données ;
au même titre que la plateforme Open Data, compte tenu des spécificités de NADA liées notamment :
- au téléchargement des microdonnées ;
- des bases de données ;
- des questionnaires ;
- des métadonnées ;
- et des documents techniques associés aux enquêtes statistiques.
Cette intervention centrafricaine a suscité un intérêt particulier parmi plusieurs participants confrontés aux mêmes problématiques dans leurs pays respectifs.
Faute de temps en fin de session, Open Data Watch a indiqué que des réponses complémentaires seront transmises ultérieurement par courrier électronique.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs expériences nationales inspirantes.
Le Sénégal a présenté son mécanisme de coordination impliquant :
- les hauts responsables ;
- les producteurs sectoriels ;
- et les équipes techniques chargées des indicateurs ODIN.
Le Kenya, quant à lui, a partagé son expérience remarquable d’amélioration de ses performances ODIN grâce :
- à la réactivation de son portail Open Data ;
- aux formations techniques ;
- à l’intégration des standards SDMX ;
- et à la forte implication des Experts sectoriels.
Le Libéria a également sollicité un accompagnement technique pour :
- l’intégration des ensembles de données complexes ;
- la gestion des licences ;
- et l’amélioration visuelle de ses plateformes.
Au-delà des présentations techniques, cette rencontre a surtout permis de rappeler que les défis liés aux données ouvertes dépassent désormais le simple cadre informatique.
Ils touchent aujourd’hui :
- la gouvernance publique ;
- la transparence ;
- l’accès à l’information ;
- la coordination institutionnelle ;
- la modernisation des systèmes statistiques ;
- et la crédibilité des données officielles.
Par ailleurs, plusieurs contraintes communes aux pays africains ont été identifiées :
- insuffisance de financement ;
- faibles capacités techniques ;
- cloisonnement des producteurs de données ;
- insuffisance de formation ;
- difficultés juridiques ;
- et absence de politiques harmonisées de diffusion.
Pour l’ICASEES, cette participation constitue une étape supplémentaire dans sa stratégie de renforcement de la gouvernance statistique et de modernisation des plateformes nationales de diffusion des données.
Il convient de souligner qu’à travers les réformes engagées, la République Centrafricaine entend progressivement améliorer :
- la disponibilité des données publiques ;
- la qualité des métadonnées ;
- les mécanismes de documentation ;
- la diffusion numérique ;
- ainsi que son positionnement futur dans les classements internationaux relatifs aux données ouvertes.
En tout cas, pendant que certains pays parlent encore de “fichiers perdus dans les ordinateurs des bureaux”, à l’ICASEES, on parle désormais :
- de licences ;
- de formats ouverts ;
- de NADA ;
- d’Open Data ;
- de SDMX ;
- et bientôt peut-être même d’Intelligence Artificielle statistique (rire).
Je crois que les données centrafricaines commencent doucement à prendre l’avion numérique international.
Et honnêtement, quand on voit les débats sur les licences, les métadonnées et les microdonnées, certains fichiers Excel de 2007 cachés dans les tiroirs commencent sûrement déjà à trembler de peur…
Par GODOM Appolinaire
PF ODP/Webmaster - ICASEES
