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HISWACA SOP-2 : Atelier régional sur le signalement et la gestion des incidents, la gestion des risques de santé et sécurité et la prévention-réponse aux risques VBG/EAS/HS dans le cadre des opérations statistiques au sein des pays de la CEMAC

HISWACA SOP-2 : Atelier régional sur le signalement et la gestion des incidents, la gestion des risques de santé et sécurité et la prévention-réponse aux risques VBG/EAS/HS dans le cadre des opérations statistiques au sein des pays de la CEMAC

Malabo, du 25 au 29 mai 2026

Dans le cadre du renforcement des capacités des Systèmes Statistiques Nationaux des pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), la ville de Malabo en Guinée Équatoriale accueille, du 25 au 29 mai 2026, un important atelier régional consacré au signalement et à la gestion des incidents, à la gestion des risques liés à la santé et à la sécurité ainsi qu’à la prévention et à la réponse aux risques de Violence Basée sur le Genre (VBG), d’Exploitation et Abus Sexuels (EAS) et de Harcèlement Sexuel (HS) dans le cadre des opérations statistiques, notamment les enquêtes et recensements.

Cet atelier régional organisé avec l’appui de la Banque mondiale à travers le Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA SOP-2) réunit plusieurs Experts, Coordonnateurs statistiques, spécialistes en sauvegardes environnementales et sociales ainsi que des responsables des dispositifs de gestion des plaintes des pays membres de la CEMAC.

La République Centrafricaine y est représentée par une délégation de l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales (ICASEES) composée de :

  • M. Dieu Béni GALA GALAS, Responsable de la Coordination Statistique de l’ICASEES ;
  • Mme Dorcas GUINEKOUME, Responsable des Peuples Autochtones et des Peulhs ;
  • Mme Aurélie KOUANDONGUI, Responsable de Développement Social du projet HISWACA-SOP2 ;
  • M. Prince Jolly Foster OUAKAMBA, Responsable en violence Basée sur le Genre (VGB) Harcèlement et Abus Sexuel (HAS)
  • M. François BATAWALIGBA, Spécialiste en Sauvegarde Environnementale du projet HISWACA-SOP2.
  • M. Sylvestre BAZA BANGUMBI, Responsable de la Sécurité du projet HISWACA-SOP2

 La participation de la République Centrafricaine à cet atelier régional intervient dans un contexte marqué par les importantes expériences tirées de la mise en œuvre du Quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4), l’une des plus grandes opérations statistiques jamais organisées dans le pays depuis plusieurs décennies.

Financé par la Banque mondiale à travers le projet HISWACA SOP-2, le RGPH-4 constitue une étape majeure dans la modernisation du Système Statistique National centrafricain. Cette vaste opération nationale avait pour objectif principal de fournir des données démographiques, sociales, économiques et géographiques fiables afin d’éclairer les politiques publiques, le suivi des Objectifs de Développement Durable (ODD) et la planification du développement national.

Contrairement aux précédents recensements réalisés essentiellement en mode papier, le RGPH-4 centrafricain a marqué une véritable révolution numérique avec l’introduction du dénombrement digitalisé à grande échelle à l’aide des tablettes électroniques, des plateformes de suivi numérique et des systèmes modernes de remontée des données en temps réel.

 La réussite du dénombrement numérique a nécessité une mobilisation exceptionnelle des ressources humaines, matérielles et techniques sur l’ensemble du territoire national.

Des milliers d’agents recenseurs, contrôleurs, superviseurs, Assistants TIC (ATIC), Chauffeurs, Chefs de Services Préfectoraux (CSP) et Experts techniques ont été déployés jusque dans les zones les plus enclavées du pays.

L’ICASEES, avec l’appui du projet HISWACA SOP-2 et de la Banque mondiale, a procédé à une importante dotation en équipements logistiques et numériques comprenant notamment :

  • des milliers de tablettes numériques ;
  • des ordinateurs portables ;
  • des groupes électrogènes ;
  • des dispositifs de connexion Internet ;
  • des kits satellitaires Starlink ;
  • des véhicules et motos de terrain ;
  • des équipements énergétiques ;
  • des disques durs et matériels de sauvegarde.

Dans plusieurs préfectures parfois difficiles d’accès, les équipes ont dû parcourir des centaines de kilomètres sur des routes dégradées, traverser des zones forestières, fluviales et parfois confrontées à des contraintes sécuritaires afin d’assurer la couverture statistique nationale.

 LES DEFIS RENCONTRES SUR LE TERRAIN

Comme toute opération de grande ampleur, le RGPH-4 a également été confronté à plusieurs difficultés opérationnelles et sociales.

Parmi les principaux défis figurent :

  • les difficultés d’accès dans certaines localités ;
  • les problèmes de connectivité Internet ;
  • les contraintes énergétiques ;
  • les retards logistiques ;
  • les insuffisances de couverture réseau ;
  • les incidents techniques liés aux équipements ;
  • les retards de paiement de certains agents de terrain ;
  • les questions relatives aux frais de transport et d’énergie ;
  • les contraintes liées à la sécurité et à la santé des équipes déployées.

Certaines préoccupations ont notamment été exprimées par les Assistants TIC (ATIC) concernant les arriérés de paiement, les frais forfaitaires de transport ou encore les frais liés au rechargement énergétique des tablettes numériques utilisées durant le dénombrement.

Face à ces préoccupations, l’ICASEES et le projet HISWACA SOP-2 ont mis en place des mécanismes de dialogue, de concertation et de gestion des plaintes afin de garantir un climat de travail apaisé et une meilleure prise en charge des préoccupations du personnel déployé.

 GESTION DES PLAINTES ET DES RISQUES SOCIAUX

L’une des innovations majeures du RGPH-4 centrafricain réside dans l’intégration des dispositifs de sauvegardes environnementales et sociales conformément aux exigences de la Banque mondiale.

Ainsi, des mécanismes spécifiques de prévention et de gestion des incidents ont été progressivement mis en œuvre afin de :

  • signaler les incidents de terrain ;
  • gérer les plaintes communautaires ;
  • prévenir les risques de VBG/EAS/HS ;
  • protéger les groupes vulnérables ;
  • assurer le respect des peuples autochtones ;
  • garantir un environnement de travail sécurisé pour les agents recenseurs.

Des responsables spécialisés ont été désignés dans plusieurs domaines sensibles notamment :

  • le développement social ;
  • les peuples autochtones ;
  • la sauvegarde environnementale ;
  • la prévention des violences basées sur le genre ;
  • le harcèlement sexuel ;
  • la sécurité des opérations statistiques.

Ces expériences pratiques constituent aujourd’hui une référence importante que la République Centrafricaine partage avec les autres pays de la CEMAC lors de l’atelier régional de Malabo.

 RESULTATS ENCOURAGEANTS

Malgré les contraintes rencontrées, le RGPH-4 a permis à la République Centrafricaine de franchir une étape décisive dans la modernisation de son appareil statistique national.

Le déploiement du numérique dans les opérations de collecte a permis :

  • une amélioration de la qualité des données ;
  • une meilleure rapidité de transmission ;
  • un suivi en temps réel des opérations ;
  • une réduction progressive des erreurs de saisie ;
  • une meilleure traçabilité des équipes ;
  • un renforcement des capacités nationales en statistiques numériques.

Au-delà du recensement lui-même, le RGPH-4 a également contribué à renforcer les compétences nationales dans plusieurs domaines stratégiques :

  • administration des bases de données ;
  • gestion des plateformes numériques ;
  • archivage statistique ;
  • Open Data ;
  • géolocalisation ;
  • sécurité des données ;
  • coordination territoriale des statistiques.

EXPERIENCE CENTRAFRICAINE AU NIVEAU REGIONAL

La participation active de la délégation centrafricaine à l’atelier régional de Malabo démontre la volonté de l’ICASEES de capitaliser les enseignements tirés du RGPH-4 afin d’améliorer davantage les futures opérations statistiques nationales.

A travers les échanges techniques, les partages d’expériences et les discussions régionales, les pays participants cherchent désormais à harmoniser les mécanismes de gestion des incidents, de prévention des risques sociaux et de protection des agents de terrain dans les grandes opérations statistiques africaines.

L’expérience du RGPH-4 centrafricain démontre aujourd’hui que même dans un contexte complexe, il demeure possible de conduire avec succès des opérations statistiques numériques de grande envergure grâce à l’engagement des équipes nationales, à l’appui des partenaires techniques et financiers et à la modernisation progressive des outils statistiques.

 

Par GODOM Appolinaire
PF ODP / Webmaster – ICASEES


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