Bangui, le 03 juin 2026 – Salle de Conférence de l’ICASEES
L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales (ICASEES) a accueilli, ce mercredi 03 juin 2026, une importante séance de travail consacrée au renforcement des mécanismes de sauvegarde environnementale et sociale dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA SOP 2), financé par la Banque mondiale.
Cette rencontre stratégique a réuni l’équipe nationale du projet HISWACA SOP 2 de l’ICASEES ainsi que les experts en sauvegarde sociale de la Banque mondiale pour la région CEMAC, conduits par M. Marcel FERDERL, Chef de projet en Sauvegarde et Développement Social basé à Londres. Il était accompagné de Mme Barbara METUGE EMADE, Spécialiste en Développement Social à Bangui, et de M. Evariste MBAYELAO, Spécialiste en Développement Social à Bangui.
La séance s’est déroulée en présence des cadres techniques de l’ICASEES, notamment l’équipe nationale chargée des sauvegardes du projet HISWACA SOP 2 composée de :
- François BATAWALIGBA, Spécialiste en Sauvegarde Environnementale du projet HISWACA-SOP2
- Membres :
- Mme Aurélie KOUANDONGUI, Responsable de Développement Social du projet HISWACA-SOP2 ;
- Mme Dorcas GUINEGOUME, Responsable des Peuples Autochtones et des Peulhs ;
- Prince Jolly Foster OUAKAMBA, Responsable en violence Basée sur le Genre (VGB) Harcèlement et Abus Sexuel (HAS) ;
- Sylvestre BAZA BANGUMBI, Responsable de la Sécurité du projet HISWACA-SOP2
Financé par la Banque mondiale, le projet HISWACA SOP 2 s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer durablement les Systèmes Statistiques Nationaux des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
En République Centrafricaine, ce projet apporte un appui déterminant à l’ICASEES dans plusieurs domaines stratégiques, notamment :
- le renforcement des capacités institutionnelles ;
- la modernisation des infrastructures statistiques ;
- la production de données de qualité conformes aux standards internationaux ;
- l’amélioration des systèmes de diffusion des données ;
- la préparation et la réalisation du quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4) ;
- l’intégration des normes environnementales et sociales dans les opérations statistiques.
Depuis le démarrage des activités du projet, plusieurs séances de travail, ateliers techniques et missions d’accompagnement ont été organisés avec les équipes de la Banque mondiale afin de garantir une mise en œuvre conforme au Cadre Environnemental et Social (CES) de l’institution.
La réunion du 03 juin 2026 s’inscrit ainsi dans la continuité des efforts entrepris pour renforcer les dispositifs de prévention, de gestion des risques et de protection des populations impliquées dans les opérations statistiques nationales.
Des échanges approfondis sur les mécanismes de sauvegarde
Les discussions ont principalement porté sur les exigences de sauvegarde applicables aux activités du projet HISWACA SOP 2 et aux grandes opérations statistiques menées par l’ICASEES.
Les experts de la Banque mondiale ont rappelé l’importance du respect des mécanismes de prévention et de gestion des risques sociaux tout au long du cycle des projets.
Les échanges ont particulièrement concerné :
- le Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) ;
- la prévention et la prise en charge des Violences Basées sur le Genre (VBG) ;
- les questions liées à la santé et à la sécurité des agents de terrain ;
- les dispositifs d’alerte précoce et de gestion des incidents ;
- l’utilisation des plateformes numériques pour l’enregistrement et le traitement des plaintes.
L’accent a été mis sur la nécessité de garantir des procédures transparentes, accessibles et efficaces permettant aux populations concernées, aux agents de terrain et aux parties prenantes d’exprimer leurs préoccupations et d’obtenir des réponses appropriées dans des délais raisonnables.
Parmi les innovations présentées figure le système d’enregistrement en ligne des plaintes, destiné à améliorer la remontée rapide des informations et à renforcer la réactivité des équipes de gestion.
Ce dispositif permettra notamment :
- l’identification rapide des incidents ;
- le suivi en temps réel des plaintes enregistrées ;
- l’amélioration de la traçabilité des dossiers ;
- la production d’indicateurs de suivi ;
- le renforcement de la transparence dans le traitement des réclamations.
Les participants ont également examiné les quatre principaux domaines de risques identifiés dans le cadre des opérations statistiques de terrain :
- les risques liés à la santé et à la sécurité ;
- les risques sociaux ;
- les violences basées sur le genre ;
- les incidents opérationnels pouvant affecter les agents ou les populations.
ESIRT : un dispositif moderne de gestion des incidents
Une large partie des travaux a été consacrée à la présentation du système ESIRT (Early Signal, Incident Response and Tracking), mécanisme utilisé dans les opérations statistiques de la sous-région CEMAC pour assurer une gestion rapide, coordonnée et documentée des incidents.
Les experts ont rappelé que l’approche ESIRT repose sur quatre principes fondamentaux :
1. DETECTION ET EVALUATION RAPIDE
Selon la règle des « 3C » :
- Constater : identifier la nature de l’incident, son lieu, sa date, les personnes concernées et son niveau de gravité ;
- Contrôler : sécuriser immédiatement la zone et protéger les personnes exposées ;
- Classer : déterminer le type d’incident afin d’orienter la réponse appropriée.
2. REPONSE IMMEDIATE
Tout incident doit être signalé au superviseur et au point focal ESIRT dans les trente minutes suivant sa survenance.
Une fiche officielle de signalement doit ensuite être produite dans un délai maximal de vingt-quatre heures.
3. SUIVI ET ACCOMPAGNEMENT
Pour les cas sensibles, notamment les situations de VBG, d’Exploitation et d’Abus Sexuels (EAS) ou de Harcèlement Sexuel (HS), l’approche préconisée demeure centrée sur la protection du survivant, le respect du consentement et la confidentialité absolue.
4. CAPITALISATION ET AMELIORATION CONTINUE
Chaque incident doit faire l’objet d’une analyse approfondie afin d’identifier les causes profondes et de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.
Les leçons apprises sont ensuite diffusées à l’ensemble des équipes afin de prévenir la récurrence des situations similaires.
À travers cette rencontre, la Banque mondiale a réaffirmé son engagement à accompagner l’ICASEES dans la mise en œuvre des meilleures pratiques internationales en matière de sauvegarde environnementale et sociale.
Pour l’ICASEES, ces échanges constituent une étape importante dans le renforcement de la gouvernance des opérations statistiques et dans la consolidation d’un environnement de travail sûr, inclusif et respectueux des droits des populations.
Par GODOM Appolinaire
Point Focal ODP / Webmaster – ICASEES
